« Voiture autonome : les automobilistes prêts à lâcher le volant pour la Silicon Valley »

Le numérique prend progressivement possession de l’automobile pour lui faire connaitre une révolution fondamentale, notamment concernant l’usage qu’en auront les automobilistes. Si 86 % des conducteurs se servent déjà d’une aide connectée pour préparer ou guider leur déplacement, demain, le traitement d’une multitude de données permettra au véhicule de « décider à la place » du conducteur. La voiture autonome, permettant une délégation complète de la conduite, se profile à l’horizon et 75 % des automobilistes sont convaincus que celle-ci deviendra un jour une réalité. Impatients de la voir arriver, les conducteurs sont majoritairement prêts à lâcher le volant puisque 55 % d’entre eux se déclarent intéressés par l’utilisation d’une voiture autonome. De nouveaux acteurs tels que les géants de la Silicon Valley se positionnent sur ce créneau prometteur. Ils sont jugés crédibles par les automobilistes puisque 55 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à acheter une Google Car ou une Apple Car.

Les 6 points clefs à retenir

 

La voiture connectée, une réalité pour les automobilistes

La montée en puissance de l’Internet mobile a d’ores et déjà connecté la voiture au net. Ainsi, 86 % des automobilistes utilisent des applications ou des outils interactifs pour se guider durant leurs déplacements. Le smartphone est l’outil le plus utilisé : 69 % des personnes interrogées s’en servent pour optimiser leurs trajets. La voiture connectée est synonyme de progrès pour le confort de conduite (83 % des automobilistes) et de gain de temps (81 %).

 

La voiture connectée : des attentes concernant la sécurité mais aussi des craintes concernant la vie privée

Si les automobilistes sont d’ores et déjà connectés, la promesse d’une sécurité accrue est l’enjeu principal : 77 % des personnes interrogées considèrent que c’est sur ce critère que la voiture connectée doit apporter le plus. Une des caractéristiques principales de la voiture connectée, c’est qu’elle est géolocalisable. Grâce à la géolocalisation, des offres commerciales personnalisées pourront être envoyées à l’automobiliste en fonction de ses déplacements. Si cette perspective intéresse 57 % des personnes interrogées dans le monde, les résultats par pays sont très variables. Ainsi, 65 % des Français et des Américains ne souhaitent pas recevoir de telles offres car ils craignent de trop en recevoir et ils pensent que cela porte atteinte à leur vie privée.

 

La voiture autonome : les automobilistes y croient et l’attendent

Pour les ¾ des automobilistes, la voiture autonome sera bien une réalité. Cet enthousiasme est dopé par les pays émergents (92 % des Chinois et 87 % des Mexicains), même si les Européens ne sont pas en reste (84 % des Portugais, 79 % des Italiens et 67 % des Français). Bien que pionniers en la matière, les Américains restent plus prudents (6 habitants sur 10 seulement l’imaginent concrètement). En moyenne, les automobilistes imaginent que cette voiture sera une réalité dans six ans et demi. Et ils sont prêts à lâcher le volant puisque plus de la moitié d’entre eux (55 %) déclarent être personnellement intéressés par l’utilisation d’un véhicule autonome afin de pouvoir se divertir (48 % des personnes interrogées), de discuter avec les autres passagers (40 %) et de pouvoir se détendre ou dormir (37 %).

 

Acteurs de la Silicon Valley ou constructeurs historiques : qui seront les grands gagnants de la voiture autonome ?

La montée en puissance de la voiture autonome se traduit par l’entrée remarquée des acteurs du numérique dans l’univers de l’automobile. Ainsi, Google s’est lancé depuis plus de 10 ans dans la course à la voiture autonome et semble avoir pris une longueur d’avance sur les constructeurs. Pour autant, les automobilistes pensent majoritairement (62 %) que les constructeurs sont les mieux placés pour faire évoluer la voiture traditionnelle et c’est particulièrement vrai en France (70 %) et en Allemagne (74 %). Mais les géants de la Silicon Valley bénéficient d’une confiance importante puisque plus d’un automobiliste sur deux (55 %) déclare être prêt à acheter une Apple Car (qui pourtant n’existe pas encore) ou une Google Car si elles étaient commercialisées. Ces intentions d’achat atteignent un niveau très élevé pour des produits qui restent encore virtuels.

 

Lâcher le volant, pour faire quoi ?

La voiture autonome est très attendue. Ses fonctionnalités semblent idéales pour 89 % des personnes interrogées. C’est surtout pour les perspectives qu’elle offrirait en termes de gain de temps qu’elle est plébiscitée : à nouveau type de voiture, nouvelles occupations ! Désormais libéré de son rôle de pilotage, près d’un automobiliste sur deux déclare qu’il mettra à profit le temps gagné pour se divertir (48 %). 4 sur 10 prévoient de discuter avec les autres passagers, plus d’un tiers comptent en profiter pour se reposer (37 %) et un quart d’entre eux entendent utiliser ce temps pour travailler. Surprise : la crainte de devoir renoncer au plaisir de la conduite ne concerne que 9 % des automobilistes. Quelques sceptiques existent cependant : 28 % des automobilistes interrogés déclarent souhaiter conserver un œil sur la route, au cas où. Les méfiants sont plus nombreux aux Etats-Unis (40 %), en Italie (37 %) ou encore en Pologne (35 %).

 

Les prévisions 2016 de ventes de voitures neuves

Après une forte reprise en 2015 en Europe, les ventes de véhicules particuliers neufs sont attendues en hausse plus modérée en 2016 : +2,4 %. Les immatriculations devraient progresser de 3,1 % en France et de 3,3 % en Allemagne. Aux USA, la progression des ventes devrait se poursuivre à un rythme un peu moins élevé qu’en 2015 : +3 %. A l’inverse le marché chinois devrait repartir un peu plus en croissance : +7,2 % attendus sur l’ensemble de l’année 2016. Au global, les ventes mondiales devraient progresser de 3,6 % marquant un nouveau record historique.

 

Méthodologie

Les analyses économiques et marketing ainsi que les prévisions ont été réalisées en collaboration avec la société d’études et de conseil BIPE (www.bipe.com). Les interviews ont été réalisées par TNS-Sofres en Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Mexique, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Turquie. La cible est composée d’hommes et femmes âgés de 18 à 65 ans (18-50 ans au Portugal, 18-55 ans en Chine & Turquie,18-60 ans au Japon) ayant acheté une voiture neuve ou d’occasion au cours des 5 dernières années. Représentativité assurée selon la méthode des quotas sur les critères : sexe, âge et région. Au total, 8 500 interviews ont été menées online en juillet 2015 (500 interviews par pays, sauf France et Espagne : 1 000 interviews).

Etude complète disponible sur demande ou sur le site www.observatoirecetelem.com
Résultats de L’Observatoire Cetelem de l’automobile 2016
15 pays clefs étudiés dont le Brésil, la Chine et les USA, le 17/12/2015